Google investit dans un second parc éolien pour ses datacenters PDF Imprimer Envoyer

Alors que Greenpeace intensifie ses critiques envers les grosses entreprises de l'Internet, qui utilisent de l'«énergie sale» et contribuent au réchauffement climatique, Google investit dans un nouveau parc éolien dans l'Oklahoma pour compenser l'impact environnemental de ses centres de calcul.

Le géant de l'Internet a ainsi signé un contrat sur 20 ans pour acheter toute l'énergie produite par un parc éolien de 100 mégawatts qui doit être construit près de son data center de Mayes County, dans l'Oklahoma. C'est la deuxième fois que Google investit dans ce type d'énergie cette année. Les deux contrats ont été signés par la filiale Google Energy, qui dispose de la certification nécessaire pour acheter et vendre de l'électricité sur le marché américain de gros. « Ces acquisitions sont des actions concrètes, sur le long terme, qui nous permettront de réduire notre empreinte carbone et alimenter nos activités avec de l'électricité propre, » a déclaré Google.

L'entreprise de Mountain View a également publié un Livre Blanc dans lequel elle explique la complexité d'utiliser de l'énergie renouvelable pour faire tourner un centre de calcul. Pour des raisons réglementaires et autres, Google ne peut pas prendre l'énergie générée par les parcs éoliens et l'utiliser directement pour ses centres. « Dans nos datacenters, Google est un client de détail comme un autre. Nous n'avons aucun moyen de sortir l'énergie du circuit de gros et de l'affecter directement à nos besoins, » peut-on lire dans le Livre Blanc. « Comme tout le monde, nous devons acheter notre énergie auprès des services publics locaux réglementés. » Si bien que Google doit vendre l'énergie qu'elle s'engage à racheter au niveau local, au prix de gros. « Les contrats d'achat bénéficient d'incitations financières qui favorisent la construction des parcs éoliens, » ajoute le livre blanc et permet à Google de récolter des Crédits en Energie Renouvelable (Renewable Energy Credits - REC) pour l'énergie éolienne qu'elle vend. Les REC sont équivalents aux compensations « carbone. » Mais, selon Google, ils sont plus efficients parce qu'ils représentent de l'énergie renouvelable réellement produite. « Même si nous ne pouvons pas transférer l'énergie éolienne de manière légale et physique vers nos installations, le fait d'agir dans ce marché de l'énergie nous permet tout de même de contribuer à rendre plus vert le secteur dans lequel nous opérons», fait valoir l'entreprise. La construction des deux parcs éoliens par NextEra Energy, une entreprise dans laquelle Google possède des participations, est en cours. Celui de l'Oklahoma devrait être opérationnel d'ici la fin de l'année.

Une réponse à Greenpeace teintée de critiques

L'annonce de Google a été faite pendant la conférence GreenNet de GigaOm. Greenpeace était là aussi, venu relancer sa campagne contre les entreprises de l'Internet qu'elle accuse d'utiliser l'énergie de centrales au charbon pour faire fonctionner leurs centres de calcul. Un nouveau rapport de Greenpeace intitulé « « Vos datas sont-elles vertes ? » critique Facebook, Google et Apple pour avoir établi des datas centers en Caroline du Nord, un État où l'on trouve de « l'électricité produite au charbon, sale et bon marché » en abondance.

« L'industrie informatique désigne le cloud computing comme un nouveau modèle écologique qui répondrait aux besoins des infrastructures du secteur, mais peu d'entreprises fournissent des données permettant d'évaluer objectivement ces intentions,» affirme Greenpeace. L'association de défense demande à ce que les entreprises Internet installent leurs datas centers dans des zones où les sociétés de services publics produisent de l'énergie renouvelable, afin de réduire leur empreinte carbone et encourager de nouveaux investissements dans ces énergies. Greenpeace reconnaît cependant que Google fait des efforts dans ce sens. «  Sur 10 marques classées, Akamai, un réseau mondial de distribution de contenu, a reçu la plus haute distinction pour sa transparence, Yahoo a adopté la plus forte politique en matière d'implantation de ses infrastructures; Google et IBM ont fait preuve d'une approche globale la plus complète pour réduire leur empreinte carbone, » a déclaré Greenpeace.

Dans son Livre Blanc, Google suggère que l'utilisation des énergies renouvelables pour alimenter les centres de calcul  est plus compliquée que Greenpeace ne semble le penser. « Nous savons, par les lois de Kirchoff, que l'électricité produite à un endroit ne peut pas être transférée directement vers un utilisateur spécifique sur le réseau électrique, » a déclaré Google. « Une fois que l'on fait entrer l'électricité dans le réseau, il n'existe aucun moyen réel pour affirmer que « l'énergie du parc éolien X est distribuée au centre de calcul Y. »

 

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